: Bienvenue dans cet épisode d'Anecdotes inoubliables. Aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Pierre Schillewaert. Il vient de Stavelot, une ville située dans la province de Liège et il a choisi une manière très simple mais très belle de découvrir le monde, le vélo. Avant, Pierre était avocat, mais son cœur lui rêvait déjà de routes lointaines, de montagnes et de visages inconnus. Depuis plus de 30 ans, il voyage à vélo sur les cinq continents, du Boutan à l'Éthiopie, du Pamir à l'Amérique du Sud. En 2005, un grave accident a marqué un tournant dans sa vie. Après cette épreuve, Pierre a décidé de continuer à voyager, de passer plus de temps avec ses proches et de mettre fin à sa carrière d'avocat. Pierre est aussi photographe. Il photographie les gens, les visages et les souris. Il voyage aussi pour aider, pour offrir des vélos à des enfants, pour soutenir des projets solidaires, pour montrer qu'un petit geste peut changer une vie. Je l'ai d'ailleurs rencontré quelques semaines avant son départ pour la Pamir Highway avec son ami Jean-Pierre. Ils ont pédalé pour montrer qu'il faut continuer à se battre. et ont récolté 10 376 euros pour la fondation contre le cancer. Tous deux touchés par la maladie, ils sont tant une inspiration qu'un exemple indéniable de persévérance. Dans cet épisode, Pierre nous parlera de sa vie et de ses anecdotes. Voici Pierre, un homme qui pédalera toujours, un homme qui nous fait rêver car il faut rêver, continuer à rêver et ne pas avoir peur. de réaliser ses rêves. Bonjour Pierre, merci d'être venu ici jusqu'à Louvain, Leuven. Donc je vais te poser quelques petites questions pour apprendre à te connaître, raconter un peu ta vie et on va faire ça avec des mots. Donc je te donne un mot et tu peux juste raconter ta vie, comment tu peux lier ce mot à ta vie. Et le premier mot... que j'ai noté, c'est avocat. Avocat, c'est le métier que j'exerçais durant toute ma vie professionnelle. Pourtant, lorsque j'ai entamé mes études de droit à Leuven, c'est bien le métier dont je ne voulais pas du tout entendre parler. Les études d'entreprise devaient me mener vers tout autre chose, comme par exemple le journalisme, voire la carrière diplomatique. Les circonstances de la vie en ont décidé autrement. et ce serait trop long à raconter ici, mais l'univers a réellement conspire pour me mener sur cette voie dont en principe je ne voulais pas. Un fait est qu'en début janvier 1977 j'ai prêté le serment d'avocat avec toujours l'intention de ne rester que deux à trois ans au barreau, le temps d'y acquérir l'expérience qui me manquait pour me diriger ensuite vers autre chose. Finalement le métier m'a plu, mais pas toutes ses facettes et surtout pas le milieu. Et j'y ai réalisé toute ma vie professionnelle jusqu'au jour où, victime d'un très grave accident, j'ai dû y mettre un terme anticipé à l'âge de 55 ans. À partir de ce moment a commencé un long combat pour me reconstruire. Mais ça, c'est une autre histoire. D'accord. Tu dis déjà, il y a des choses que tu as peut-être pas tellement aimées. Tu peux... Je n'aimais pas beaucoup le milieu. Je aimais beaucoup mon métier, le service à rendre injusticiable. J'ai d'ailleurs été avocat sans frontières au Rwanda, mais le milieu ne m'a jamais plu. D'accord. On y reviendra peut-être après. Et justement, tu parles du Rwanda. C'est mon deuxième mot, le Rwanda. J'ai découvert le Rwanda que j'ai traversé de part en part à vélo en décembre 1989. En fait, J'y étais allé pour remettre un chèque important à l'orphelinat de maire Theresa Angarama, chèque représentant la somme importante que j'avais recueilli par parrainage lors d'un défi cycliste que j'avais organisé à Stavelo sur le Stocco. J'y retournerai une deuxième fois en début 1998 en qualité d'avocat sans frontières afin de plaider dans le cadre des premiers procès relatifs au génocide de 1994. J'y découvrirai alors un tout autre Rwanda totalement meurtri, et le mot est faible, par les tueries planifiées par le power Hutu en place au pouvoir à cette époque. Je viens d'y retourner trois semaines, invité avec mon épouse et des amis, un couple mixte belgorouandais. J'aurai ainsi l'occasion d'y vivre in situ les épreuves des championnats du monde cycliste à Kigali. Ce fut aussi pour moi l'occasion de découvrir un Rwanda très différent. Véritable miracle économique au cœur de l'Afrique. Trois visites, trois périodes différentes, trois Rwanda très différents. le Rwanda, peux un peu expliquer les paysages, tu parles des villes, parles de... Comment c'est le Rwanda ? Le Rwanda est surtout connu pour être le pays des mille collines. C'est un pays très montagneux finalement, mais ce sont surtout des collines, pas des montagnes, mais des collines très impressionnantes par moment. Le Rwanda est finalement pour moi un pays très résilient, très jeune. Quand on connaît ce qui s'est passé en 1994, c'est incroyable de voir la tranquillité qu'il y a actuellement au Rwanda. Les gens sont adorables, ils sont sympathiques, sont joviaux. C'est toute l'exubérance africaine d'ailleurs. Voilà, crois qu'on ne pas le caractériser autrement à l'heure actuelle. Je ne veux pas entrer dans les thèmes politiques. Ce n'est pas leur jeu ici. Non, pas du tout. Tu as visité d'autres pays africains ? J'ai fait le Maroc à plusieurs reprises. Chaque fois à Villeau, le Maroc, la Tunisie aussi à plusieurs reprises. Un peu le Kenya et le Sénégal. D'accord. Et que des belles expériences ? Que des belles expériences. D'accord. Tu dis « à vélo ». Vélo, c'était le prochain mot, je pense, très important dans ta vie aussi. Ah, le vélo, oserais-je dire que j'ai été vacciné avec un rayon de vélo ? Car je l'ai tellement dans la peau, voire dans les gènes. Dès ma plus tendre enfance, j'ai été attiré par le vélo, qui plus tard deviendra une véritable addiction. au point de me conduire aux quatre coins du monde, même si la terre est ronde. Adolescent, je rêvais d'un voyage lointain à vélo, mais pour diverses raisons, notamment financières, ça restait vraiment des rêves. Il me faudra atteindre l'âge de 28 ans et déjà perdre trois merveilleux garçons pour commencer un voyage à vélo dans toute l'Europe, essentiellement en montagne, car je vais me découvrir excellent grimpeur. Mais très vite, les sommets européens ne vont plus me satisfaire. Le vélo en montagne deviendra une telle passion que non seulement je vais me mettre à rêver de sommets himalayens et de cordières des Andes. Et mes rêves vont devenir réalité. dans la cordillère des Andes d'abord, en 1988, entre Chili et Argentine, en passant par le Paso San Francisco à près de 5200 mètres d'altitude. Et voilà le virus tellement bien inoculé qu'en 1992 je mettrai sur pied et réaliserai même une première mondiale, la première traversée du royaume du bouton à vélo, le comité olympique boutanais. qui n'existait que depuis peu de temps, c'était l'année des Jeux Olympiques de Barcelone, me certifia que j'étais le premier, avec quelques autres qui m'accompagnaient, à réaliser cette traversée de part en part de ce pays maintenant réputé, mais à l'époque totalement inconnu. Il y aura ensuite de nombreux autres voyages, dont le dernier s'était été sur la route de la Soie en Asie centrale, dans les redoutables montagnes du Pamir. Ainsi, Je peux dire aujourd'hui avoir posé les roues de mon vélo sur les cinq continents. D'accord. On va y revenir à tous ces beaux voyages. Tu parles aussi du vélo au début. Tu prends ton vélo, tu fais le stockage directement. Comment ça commence le vélo quand tu es tout petit? Mon premier vélo, je l'ai eu à l'âge de six ans. J'étais fou de vélo déjà tout petit. je cavallais partout, je pédallais surtout un peu partout dans le voisinage. l'époque, il y avait beaucoup moins de voitures. Mais déjà, très très tôt, je rêvais de partir loin en vélo. Mais comme je viens de l'expliquer, ça n'a pas été possible pour diverses raisons avant l'âge de 28 ans. D'accord. Et donc, un prochain mot important, pense, pour toi aussi, c'est le mot solidarité. Oui. En 1986, Je lance un défi. Parcourir à vélo en près de 10 jours la renommée randonnée alpine qui va de la Méditerranée à Antibes en passant par le lac Léman pour arriver à Trieste en Italie sur les rives de la mer Adriatique soit 2000 km de tout l'arc alpin et le franchissement de 86 cols. J'ai alors l'idée de me faire parrainer au nombre de cols franchis et ce au profit du centre de jour Le Relais, centre pour handicapés alors face à d'importantes difficultés financières. Je réussirai mon pari et surtout je recueillerai près de 700 000 francs belges de l'époque soit approximativement 17 352 euros. Dans la foulée, l'idée me viendra de fonder une ASBL ayant pour nom le cœur et les jambes. C'est un jeu de mots, il faut un bon cœur. rouler un vélo et de bonnes jambes mais il aussi du coeur. Bref, j'organise différentes activités cyclistes à but philanthropique. Ainsi, vais organiser en 1987 les 24 heures cyclistes individuelles sur le circuit de Spa-Francorchamps, que je gagnerai en récoltant également près de 700 000 francs belges, et en 1989 les 6 heures du Stokeu à Stavelo, une des côtes les plus sévères de Belgique. Je l'escaladerai 40 fois. avec huit tours d'avance sur le deuxième, un ancien coureur amateur. Même résultat financier, et cette fois au profit d'un orphelinat de Mère Teresa au Rwanda. Cette année-ci, mon aventure dans les montagnes du Pamir a été réalisée au profit de la Fondation contre le cancer. Je suis en effet concerné au premier plan, après deux cancers, mais avec la chance d'être encore bien vivant et en bonne condition physique. Cette fois, sont 10 376 euros qui ont été recueillis au profit de la recherche contre le cancer. Magnifique. Et donc ici, le cancer, la Fondation contre le cancer, c'est quelque chose qui te parle, je pense. Mais et avant, comment tu avais choisi les différentes ? associations, les différents... Ce sont un peu les hasards de la vie. La première fois en 1986, je roulais souvent avec un ami qui avait un enfant mongolien et qui s'ouvrait souvent à moi pour me parler de ses problèmes en tant que père d'un enfant mongolien. Et je savais que dans la ville voisine à Malmedy, le centre de jour qui hébergait de tels enfants était en difficulté financière. Alors j'avais décidé de faire cette randonnée alpine, puis je me suis dit un jour... Je me réveille la nuit, me dis, mais je suis idiot de dépenser autant d'énergie pour rien, autant faire une dépense d'énergie qui rapporte. Et j'ai eu cette idée de proposer de me parrainer. voilà, la presse a suivi de très près. Ça a fait beaucoup de bruit dans l'arrondissement et ça a eu un succès tel que j'ai pu recueillir une somme assez conséquente. Super. Et récemment, avec ton dernier voyage, on en parlera encore, mais... On peut aussi dire que les gens peuvent te suivre et peuvent vous suivre aussi. Si tu feras un autre voyage à l'avenir, comment est-ce que les gens peuvent te suivre ? Je ne sais pas encore le dire parce que je ne sais pas encore quel sera le prochain voyage et je ne sais pas si je vais encore faire la démarche de demander aux gens de parrainer. J'ai 74 ans, mon épouse a envie maintenant que je parte un peu moins. Je ne pas encore sûr que je vais refaire de tels voyages. D'accord. Et pour retrouver... les photos, les images des précédents voyages, on peut trouver ça où ? Mais c'est assez difficile à l'heure actuelle parce qu'à l'époque, on n'avait pas les systèmes actuels. Je crois qu'il a moyen de retrouver certains articles de presse de l'époque, mais ils sont devenus rares parce que la presse n'était pas numérisée à cette époque-là. Pour ton dernier voyage, il y avait un petit groupe Facebook, là, on pouvait suivre. j'avais créé une page qui s'appelait A vélo sur la Pamir Highway », où on peut alors véritablement suivre toutes les évolutions du voyage, la collecte des fonds, etc. Et pour la récolte des fonds, j'avais créé sur le site de la Fondation Contre le Cancer, une page qui s'appelait « Never give up qui veut dire « N'abandonne pas N'abandonne jamais. c'est via cette page que les gens pouvaient faire un don au profit de la Fondation. Ça allait directement sur le compte de la Fondation. Donc ça ne passait pas par mes mains. Oui, d'accord. Très bien. Et ça, c'était avec ton ami. Avec mon ami Jean-Pierre Vallée, un ami depuis notre jeunesse. Jean-Pierre était parti en 1972 pour faire le tour du monde à vélo. Jean-Pierre est six ans plus âgé que moi et il vient d'avoir 80 ans. J'en ai 74, nous avons malgré tout pu faire ce voyage extraordinaire dans les montagnes du Pamir. Et Jean-Pierre voyage avec moi depuis 2014. Il faut savoir qu'il est parti donc faire le tour du monde en 72. On s'est quitté à ce moment-là, on ne s'est plus revu pendant 42 ans. Et grâce à internet, j'ai pu retrouver sa trace en Australie où il s'est marié, où il vit depuis maintenant une cinquantaine d'années. Et on a décidé de voyager ensemble. est venu me retrouver à Majorque, où j'ai un petit pied à terre. Et le premier voyage qu'on a fait ensemble, c'était en 2015. On a fait pendant trois mois l'ensemble des montagnes du Ladakh et du Zanskar, la route de Lé à Monali notamment, qui très connue. Et voilà, depuis lors, on voyage ensemble quand l'occasion se présente. D'accord. Super. Est-ce que tu pourrais raconter... le moment où on s'est rencontré, où je vous ai rencontré. Justement, ça a une relation avec Jean-Pierre. C'était le 24 mai de cette année dans le train. Je venais d'aller accueillir Jean-Pierre à l'aéroport de Zaventem. Il venait d'abord jusque chez moi à Stavlo avec tout son matériel, son vélo, parce qu'on avait décidé de partir ensemble. C'était plus simple pour lui de partir ici de la Belgique pour atterrir à Tashkent en Ouzbekistan. Et il y avait... Tu cycles bien sympa dans le train à côté de moi avec qui j'ai commencé à parler. Le courant a passé très rapidement et je suis en face de lui à l'heure actuelle. Exactement, exactement. Je n'étais pas en grande forme ce jour-là non plus, mais bon, ça allait, allait. Le prochain mot, c'est Eddie Merckx qui dit cyclisme, il aussi Eddie Merckx, mais pourquoi Eddie Merckx dans ta vie ? Bien, Eddie Merckx, est considéré à ce jour comme le plus grand champion cycliste de tous les temps. Il était mon idole fin des années 60, début des années 70. Je rêvais de le rencontrer personnellement. Alors ce sera le cas le jeudi 12 août 1970, juste avant son départ pour les champions du monde de Leicester du dimanche 15 août, remporté par le regretté Jampy Montserrat. Ce jour-là, il refusait de recevoir la presse mais avait accepté de rencontrer un blanc moussi de Stavelot pour un concours. qu'il devait réaliser un exploit et l'exploit c'était d'être reçu par Eddy Merckx et de faire publier cette photo dans tous les journaux. En 1986, après la randonnée à Alpine, je créerai la SBL de Cœur et des Jambes et c'est tout naturellement que je demanderai à Eddy Merckx d'en être le président d'honneur. Mais il faut savoir que lorsque je l'ai rencontré la première fois, en fait, j'ai accompagné mon papa, photographe professionnel, qui devait être le photographe de l'événement qui sera publié dans la presse. Donc en... 1986 quand je vais créer la SBL Le coeur et les jambes, Merckx va accepter d'être le président d'honneur. C'est alors ma deuxième rencontre avec lui à son domicile à Maze, où il y avait encore à l'époque sa fabrique de vélo Eddie Merckx. Enfin, je suis un des instigateurs de la création du monument érigé au sommet du Stocke à Stavelo à sa gloire. Il fut inauguré en sa présence le 17 avril 1993. Et j'ai eu l'honneur de prononcer ce jour-là le discours de l'inauguration. Préalablement, en préparation, j'ai eu l'honneur de le rencontrer à diverses reprises. Et enfin aussi lors du dîner avec son épouse, le jour de l'inauguration du monument. Super. Et tu l'as encore rencontré récemment ? Occasionnellement. Récemment, non. Eddy n'est pas bien pour le moment. Il a été opéré, il est malade, etc. Mais je lui ai écrit de temps en temps un petit mot pour le soutenir moralement. D'accord. Alors on commence à dire dans la presse qu'il a un nouveau Eddy Merckx, que Pogacar commence à être presque à son niveau. Qu'est-ce que toi tu en penses ? Mais c'est difficile de comparer. Le cyclisme des années 60-70 n'est pas du tout comparable au cyclisme actuel. Mettez Pogacar sur le vélo d'Eddy Merckx de l'époque, il ne fera pas les mêmes résultats à mon avis. Donc ce pas comparable. Mais je reconnais en Pogacar... champion exceptionnel mais aussi un homme, un homme intègre et assez exceptionnel également sur le plan humain. Et le cyclisme en général, la course tu suis, c'est encore de près ? En général oui mais si j'ai la chance d'aller pédaler plutôt que de les regarder, je préfère aller pédaler. C'est bien comme ça. D'accord. J'avais aussi noté les films parce que... des films, j'en ai regardé aussi. Tu peux expliquer un peu ? Ah oui, il existe plusieurs films de mes voyages, plusieurs films qui ont été réalisés pour les télévisions belges et étrangères. En fait, tout débutera en 1986, lorsqu'après ma retentissante randonnée alpine très suivie par la presse, je reçus la visite d'un certain Bernard Gilain de la RTB, il n'y avait pas encore le F à l'époque, pour m'interviewer quant à ma pratique cycliste. et m'inviter à participer à une émission de radio à RTB Namur à laquelle participait également Jules Baucaarn et divers autres cyclistes de tous bords et de diverses pratiques. A partir de là, une amitié va naître entre Bernard et moi et je vais le convaincre en 1988 de m'accompagner dans l'expédition au Chili et en Argentine afin d'en réaliser un reportage pour l'émission Les Sentiers du Monde. Le film se dénommera alors Los Bienvenidos. Depuis lors une grande amitié va nous unir à tel point que non seulement nous allons réaliser d'autres voyages et d'autres films mais aussi que je deviendrai le parrain de sa fille Mona Lisa. A titre d'exemple nous avons réalisé les films suivants Au pays du bout du temps en 1992 c'est un jeu de mots sur le mot bouton au pays du bout du temps C'était donc la première mondiale réalisée à vélo dont je rêvais depuis quelques années et que je ne pas venu à mettre sur pied. Un autre film, celui qui me tient très à cœur parce que pour moi il est le plus poétique, il est le plus beau et c'est celui le plus émotionnel pour moi parce que c'est avec mon fils Aîné Jean-Marc. Le titre est Ils ont frappé à la porte du soleil C'est en 1997 lorsque nous avons parcouru l'Altiplano Bolivien. pour nous rendre ensuite au Pérou, en passant par la frontière des Saguaderos, jusqu'au la région de Puno, et spécialement la petite ville de Chukuito, à 16 km de Puno, où vivent des amis qui sont des moines de Wavremont, du monastère Saint-Rémac-Lastavlo, qui sont vraiment des amis intimes. Et nous sommes allés jusque là, puis on a fait retour alors le long du lac, jusque la Paz, en passant par Tiwanaku, ce fameux site très connu dans le monde entier. Vous avez J'avais ramené uh Et là je servais de guide à Christian Merveille, le chanteur pour enfants, peu une autre Henri d'Esse-Belge. C'était sur le thème des droits de l'enfant. Il avait créé une chanson sur les droits de l'enfant et on allait dans l'alti-plano d'école en école et il prenait contact avec les enfants, il chantait cette chanson, il faisait toutes sortes de petits jeux avec eux au niveau musical et ce film a été... sponsorisé par le délégué des droits de l'enfant parce que c'était l'année de l'anniversaire de la Charte des droits de l'enfant. Et actuellement, en préparation, la préparation a été interrompue en raison de la maladie de mon ami Bernard. Le film devrait s'appeler In Velo Veritas. C'est un film où nous allons au Chili à la rencontre de la culture mapuche. Nous sommes fin 2019, décembre 2019, juste avant le Covid 19. C'est un film qui est pratiquement terminé. On est aux deux tiers, mais pour le moment, il est en standby parce que la santé de ne permet pas de s'y consacrer. D'accord. Quand vous filmez, quand il a une équipe ou quand il ton ami qui est là pour filmer, le voyage, est-ce qu'il est différent ? Est-ce que ça change quelque chose au voyage ? Tout d'abord, il n'y a pas d'équipe. il n'y que Bernard. Bernard à la caméra et moi à vélo. Bernard est à vélo aussi. Il faut savoir que Bernard est à vélo aussi. La seule chose qui change, c'est peut-être qu'il faut refaire quelques séquences de passage au même endroit pour les plans de coupe afin de faire un montage de films intéressants. Sinon, ça ne change rien quant à notre projet. Pas du tout. Sauf que si on a l'occasion de faire des rencontres impromptues, on y consacre du temps. Et dans la préparation, il ne pas prévenir certaines personnes que ça va être filmé, des choses comme ça, non ? Non, généralement. On part vraiment à l'aventure, aussi bien pour le film que pour le vélo et notre voyage. très bien. On est ici à Louvain, l'œuvre. Mais tu connais aussi assez bien, ou tu connaissais assez bien, Louvain aussi. Je suis un des spécimens rares, enfin pas si rares que ça, mais qui... J'étais dans les derniers francophones aux études à Leuven et j'étais ici à la Faculté de droit. J'ai passé quatre ans à Leuven. Je me suis alors marié à la fin de la quatrième année. Mon épouse avait terminé ses études, on s'est marié. On est allé vivre alors entre Overhees et Willard. Je faisais des trajets parce que je ne voulais pas rester ici, d'autant que nous avons très vite eu notre premier enfant, Jean-Marc, qui est né d'Allure ici à Leuven. C'est un souvenir du début de notre vie commune finalement. Mais pour te dire la vérité, je n'étais pas à Louvain pour m'amuser. J'étais à Louvain pour travailler, étudier et réussir. Ce que j'ai bien fait puisque je n'ai jamais connu de seconde session. Super. Donc très bien. Un bon étudiant. Ça a été. D'accord. Et j'avais aussi encore noté la photographie, ça se rapproche un peu au film, mais les photos, tu prends beaucoup de photos. Eh bien la photo comme le vélo, c'est également une passion chez moi. C'est un peu dans mes gènes comme le vélo. Mon papa était photographe professionnel, donc j'ai grandi dans l'univers de la photographie. Le voyage à vélo, me permet aussi de rencontrer cette passion. Je fais des photos évidemment en voyageant. J'aime aussi la rencontre avec les gens et j'aime surtout la photo humaine, photographier les gens. Les paysages m'intéressent moins, je les ai là en mémoire, je les garde bien en mémoire, mais ce que j'aime c'est photographier les gens. J'ai fait quelques expositions de photos, une à Majorque qui a été assez bien critiquée par la presse, bien reçue. J'en ai fait une autre à Trois-Pont, au Centre culturel de Trois-Pont, mais ce n'est pas ma tasse de thé les expositions photos. mais je suis très visuel et très photo. Et d'ailleurs si les gens veulent voir, a un site web, pense. Oui, pierresquiloireautophotographie.com Donc maintenant on va passer à un petit jeu. Donc j'ai demandé à toi Pierre de préparer trois anecdotes. Deux anecdotes sont vraies mais une anecdote était inventée. Donc c'est à moi de découvrir quelle anecdote tu as inventée. Tu peux déjà donner tes trois anecdotes et à la fin de l'épisode j'essaierai de deviner quelle anecdote était inventée. Ok. Anecdote numéro 1, nous sommes en novembre 1988, je suis dans le désert d'Atacama avec d'autres amis, trois chilien, un argentin et les autres sont des belges. Nous sommes là en pleine solitude, la nuit va tomber, il est temps de s'arrêter, planter les tentes et de s'installer pour la nuit. On voit au loin une espèce de petit point d'eau, une mare, comme ça un peu plus grand qu'une mare et c'est là qu'on décide de s'installer. On mange le repas du soir rapido et puis il fait très froid la nuit dans le désir d'attaquer à main. Vous pouvez avoir moins 15°C la nuit et 50°C à midi, des écarts incroyables de température. On décide donc de s'installer dans nos plumes et alors moi j'ai le sommeil léger et au milieu de la nuit... J'entends nifflés autour de ma tante, j'entends des lapements comme des bruits bizarres comme ça. me dis qu'est-ce qui se passe ? Je reste bien calme dans ma tante et je n'en sors pas et j'ai bien fait. Car le lendemain, vers midi, on a repris la route, on arrive dans un petit village et en discutant comme ça en espagnol avec nos hôtes, on explique où on a dormi. Les gens nous regardent avec des yeux effrayés et disent « Vous avez dormi là Mais vous savez, la mare où vous avez dormi, c'est l'endroit où les pumas viennent boire la nuit. Vous étiez en danger, hein ? On était comme des innocents, on ne savait rien. Et voilà, ça s'est bien passé. Tant mieux. La deuxième anecdote, ce ne sont plus des pumas, mais ce sont des lions. Je suis au Rwanda en 1989 et je vais du parc de la Kagera jusqu'en Garama par une piste de la Térite. à l'orphelinat de Mère Teresa avec un chèque en poche pour aller porter l'argent que j'ai gagné en faisant les 6 heures du stockage, donc un beau petit chèque de 700 000 francs. Et j'ai des amis belges qui me suivent en voiture pour m'accompagner. Et à un moment donné, je fonçais à ma vélo, je roulais, ah c'est bien, j'étais encore jeune et rapide. Et je vois un groupe de deux, trois personnes blanches avec des fusils et quatre, cinq africains autour d'eux. Je continue ma route puis je me rends compte que le véhicule qui me suivait s'est arrêté. Je n'y prête pas spécialement attention et je continue. Quand j'arrive à l'orphelinat de Mère Teresa, la voiture arrive un peu derrière moi. Un moment après, ils en descendent et me disent « Eh Pierre, tu sais ce qui s'est passé Je dis non quoi. « Tu vu les gens avec les fusils qui nous ont arrêtés « Oui, j'ai bien vu. Tu sais pourquoi ils nous ont arrêtés Je dis non. Eh bien tout simplement parce qu'ils avaient leur voiture à un kilomètre de là. et ils n'osaient pas s'y rendre pour récupérer leur voiture parce qu'ils venaient de passer une famille de Ah, moi j'étais à vélo dans le jeu de qui j'ai pas vu les lions mais bref c'est comme les puma, je les ai pas vus. Bien entendu. Oui, alors la troisième anecdote, c'était en 1986 lors de la randonnée Alpine, je suis sur une route suisse et tout à coup je me rends compte que je ne pas continuer, la route est interdite aux cyclistes. Puis à ma droite une prairie et au loin je vois une petite route et je vois un cycliste qui avait belle allure avec un beau maillot CYCLO, CYLOT, CYLOT d'équipe suisse de l'époque. Je me dis, je vais traverser le champ à pied et je vais essayer de rattraper ce cycliste et c'est ce qui arrive, je le rattrape, il me regarde et il me dit, oh tu roules bien toi, en fait... Il s'agissait de Muradjaneeti qui était jeune néo-professionnel, qui était à l'entraînement et qui m'a accompagné ou que j'ai accompagné. On a roulé ensemble pendant à peu près une heure, une heure et demie. C'était un beau moment. Muradjaneeti n'est autre que l'actuel patron de l'équipe UAE de Pogacar. Il a été le vainqueur de l'Iège Bastonnier, je l'homme, Stöld Goldreiss en 1995. et il aussi été deuxième des champions du monde gagné par Yohann Musée en 1996. Voilà, la troisième anecdote. À toi de trouver laquelle n'est pas juste. Ce n'est pas facile. J'ai l'impression que je ne encore rien dire. on peut réfléchir un peu et on y reviendra plus tard à la fin de l'épisode. Donc merci déjà pour tes trois anecdotes. En parlant d'anecdotes, on y vient. aux anecdotes inoubliables. je pense qu'avec tous ces voyages et ta vie, ton expérience, tu as toute une liste, tu as écrit plusieurs livres, tu tout ce qu'il faut. Donc, la première, c'était une rencontre inoubliable. Est-ce que dans ta vie, il a un moment comme ça, une rencontre inoubliable que tu n'oublieras jamais ? Il y en a énormément. il a fallu choisir alors je vais rencontrer d'une assez récente en décembre dernier en décembre 2019 pardon à Puerto Saavedra dans la région de la Rocaña au Chili je vais à la rencontre de Lorenzo Alia Pancaiurello qui s'appelle Lungiumchi qui est un mot en langue Mapudou qui est la langue des indiens, mappuch qui signifie l'homoiseau. En fait, il est, selon l'UNESCO, un trésor vivant de l'humanité. Je ne savais rien de lui avant ce voyage et c'est tout à fait par hasard que quelques jours avant nous avions rencontré un photographe à quelques kilomètres de Puerto Sahavedra qui nous avait parlé de lui. Je «Venez, n'allez pas le voir, c'est pas possible, vous devez le voir. On dit, «Ouais, on va y aller, c'est intéressant pour le film qu'on faisait sur les mappuches. Et quand on arrive chez lui, il n'est pas là. dis, zut alors, il fallait qu'on continue à progresser. Mais tout à fait, par un autre hasard, je rencontre enfin d'après-midi son fils lors d'une réunion d'Emma Pucci dans le cadre des événements qui se sont passés au Chili, l'explosion sociale de fin 2019. Et quand on me dit qu'il est le fils... de l'homme oiseau, je l'interpelle et je lui dis « Ah c'est dommage, on aurait voulu rencontrer Topi « Oh mais il rentre ce soir, c'est possible de le voir demain matin ? » « Ouais, on est preneurs là. Et on est restés finalement un jour de plus, on l'a rencontré, c'était un moment fabuleux. Pourquoi ? L'Urenzo Ayapan est un homme qui depuis son plus jeune âge a vécu dans la forêt, dans la nature, il était très proche de la nature et surtout en parfaite communion. avec les oiseaux, avec les tels il entrera peu à peu en dialogue par onomatopée et il connaît tous les oiseaux du Chili, il connaît tous les caractéristiques de ces oiseaux et il parvient à imiter leur cri et à entrer en relation avec eux par ce système d'onomatopée et c'est tellement vrai qu'il est exceptionnel qu'il a été reconnu officiellement comme trésor vivant de l'humanité et qu'il a même accompagnée lors d'un voyage en Chine, la présidente de l'époque Madame Bachelet en Chine. Donc une des belles rencontres, de nombreuses rencontres que tu as pu faire dans tous tes voyages. Et tu as, je suppose, aussi des photos de ça. Tout à fait, J'ai des moments filmés avec le son. Il nous a accueillis d'ailleurs d'abord par un rite mapuche avec le tambour caractéristique de mapuche, avec tout un moment musical. Super. Et il a une phrase, une histoire qu'il t'a raconté ? Il a laissé dans mon carnet de route un petit poème qu'il a rédigé et qu'il m'a offert. Super. Très bien. Le prochain, c'était un endroit inoubliable. Oh là là, il y en a tellement. Mais j'ai choisi un qui, sur le plan émotionnel, me tient à cœur et que tu as vu dans un des films. A la fin du film, on termine au sommet, au-dessus de la Paz, à la Cumbre, qui est fait le départ de la route de la mort vers les Yungas, quand on prend à droite. Nous, a pris à gauche pour monter encore plus haut. On est monté à 5300 m au-dessus du niveau de la mer. Et c'est là que nous avons vécu un moment de communion parfaite avec la nature, mon fils et moi. Ce moment est immortalisé dans le film, ils ont frappé à la porte du soleil avec la voix de cet indien, Mapuche, qui raconte la relation de l'homme avec le soleil et la nature. C'est un moment que je ne pas oublier, surtout que c'est avec mon fils aîné, je rêvais qu'il voyage avec moi et ce fut un des plus beaux voyages qu'on a fait ensemble. Et lui, a continué à voyager encore après à vélo. Il a encore fait quelques voyages avec moi, puis bon, il a d'autres priorités dans sa vie. Il reste très sportif, mais il ne voyage pas spécialement à vélo. Dans ce voyage, tu parles déjà de l'altitude. Ça rajoute quelque chose, c'est compliqué ? Je crois que ça dépend de la physiologie de chacun. Le mal de l'altitude, la médecine connaît peu, connaît mal. Il y aurait des médicaments qui permettraient de ne pas être malade, mais tu peux être en super forme, en super condition physique et tout à coup malade en altitude. La seule solution, c'est de redescendre plus bas. Moi, personnellement, je n'ai jamais eu aucun souci avec l'altitude. Je viens encore de monter très haut dans les montagnes du Pamir sans aucun problème. Le plus haut que je suis monté en vélo avec tous les bagages sur le vélo. C'était en 2015 avec mon ami Jean-Pierre, de s'amonter au Cardoum là, à 5601 mètres d'altitude, sans problème de respiration, sans difficulté. Mais il faut absolument s'acclimater, il ne pas partir tout de suite du niveau de la mer et monter très haut. Il faut y aller progressivement. Et c'est ce qui bien avec le vélo, c'est qu'on y va progressivement. Il y a des moments où vous marchez aussi ? Bien sûr. Le sable par exemple. Essayez de rouler dans le sable en vélo. Bonne chance. Souvent, il y peut-être des fat bike, bon, ce n'est pas le cas et nous sommes chargés avec nos bagages. Le revêtement, c'est souvent la raison du revêtement. La difficulté de la pente, c'est rarement le cas. C'est surtout le vent. vent de face, ça peut être terrible. Ça peut te clouer au sol. Ça m'est arrivé une fois de me faire jeter par terre dans une montagne. Et dans le dernier voyage, je pense qu'il y avait aussi beaucoup de vent. Il y avait beaucoup de vent. Oui, énormément de vent, c'est une caractéristique des montagnes du Pamir. Mais le pire pour nous, c'était l'état de la route par endroit. C'était comme de la farine de gravillon avec des gros galets dedans. n'allait pas plus vite que 6-7 à l'heure. C'était terriblement épuisant. C'était affreux. J'imagine. Il a des moments où tu penses, bon, là, j'en peux plus. Qu'est-ce que je fais ici ? Mais je crois que non, je crois que... La motivation est telle qu'on ne se décourage pas et puis notre devise c'est never give up. Vous aviez aussi un drapeau avec je pense qu'on peut... Oui on avait le drapeau de la Fondation contre le cancer qu'on a évidemment fait flotter au sommet du col le plus élevé qui est l'Aqbaïtal à 4 655 mètres qu'on était. Avec un paysage fabuleux. Fabuleux, on le voit d'alerte sur mon compte, Facebook, la page à vélo sur la Pamir Highway. D'accord. On parle peut-être un tout petit peu du cancer, c'est quelque chose qui vous pousse aussi à faire tout ça, à persévérer, à ne arrêter. Mais pour moi, face au cancer, j'ai cette chance évidemment, on ne pas donné à tout le monde, c'est mon vélo qui est mon meilleur médicament à différents égards. au niveau condition physique, ça aide à l'immunité et au niveau psychologique, ça vide la tête. Je suis sur mon vélo, je ne plus, je ne m'identifie pas à ma maladie et je refuse de m'identifier à ma maladie et je continue à pédaler et je pédalerai tant que je peux. Super, très bien. Et c'est la même chose un peu pour ton ami Jean-Pierre ? Oui, Jean-Pierre c'est un peu différent. Moi, ce sont vraiment deux cancers sérieux. Jean-Pierre, c'est un cancer diffus plutôt au niveau du sang, mais c'est moins handicapant pour lui. Mais Jean-Pierre a 80 ans et il est toujours sur son vélo et il est fantastique. Super. Et le matin, les jambes, sont lourdes un peu ? Non, non, non, non. On est toujours content de démarrer, toujours content de démarrer. Il y a parfois une certaine lassitude qui peut s'installer lorsqu'on ramme dans la... dans la caillasse, c'est vrai, mais la motivation est telle que finalement elle supplante tout le reste. D'accord. À chaque voyage, l'organisation est un peu différente, on se réveille toujours à la même heure, on change, on s'adapte, comment ça se passe On vit au rythme du soleil en fait. On se couche tout et on se lève tout. ça c'est très bien. Le prochain, alors. Des problèmes techniques, voit aussi dans les films beaucoup de crevaison mais peut-être... Est-ce que toi tu avais un problème, un problème inoubliable que tu as vécu Il y en a un qui est particulièrement inoubliable. C'est toujours en 1988 au Chili, après le passage du Passeau San Francisco. Un membre du groupe est malade en altitude. Il souffre de ce qu'on appelle au Chili le sorotil, donc le mal de l'altitude. Il doit être évacué vers Copiapo avec un des deux véhicules accompagnateurs. Ce voyage, j'aurais voulu faire en autonomie totale, mais le groupe a choisi... de voyager plus léger et on était avec deux véhicules d'accompagnement. Donc il nous reste un seul véhicule d'accompagnement à ce moment là. Très vite on se rend compte qu'il était impossible de progresser à vélo tant la piste étant sablée. Donc nous sommes à 5000 mètres d'altitude et nous devons encore faire une distance de plus ou moins 40 km pour arriver à un refuge. La décision est alors prise d'emmener en camionnette avec armée bagage une partie du groupe. mais on ne sait pas prendre tout le monde. Moi je fais partie de ceux qui restent sur place, je ne peux pas embarquer. Nous n'avons plus rien à manger, plus rien à boire, en pleine zone désertique d'Atacama. Nous décidons alors de nous mettre en route à pied et en poussant nos vélos de notre seule altitude, je vous rappelle on est à plus de 5000 mètres. On ne sait pas trop ce qui nous attend mais on cherche à progresser malgré tout. On sait que notre espoir réside dans l'existence d'une hospédé qui s'appelle l'Hospédé Yamouré à plus ou moins 40 km en face du deuxième sommet de la cordillère Los Soros del Salado. Il s'agit d'une sorte d'hôtel refuge situé à 4500 mètres d'altitude appartenant à une société géologue anglo-américaine. Nous progressons difficilement mais courageusement alors que nous avons couvert plus ou moins 11 km et que nous sommes... vraiment épuisé. Auparavant, on a escaladé le Passo San Francisco et il faut continuer pour aller plus loin. Nous sommes alors surpris de voir arriver un véhicule à notre rencontre. C'est un miracle, un 4x4 vient nous reprendre en charge et nous conduit à l'hospéderie Amourais. Ouvrte, je vous le donne en mille, une semaine par an, et c'est justement maintenant. Ça tient du miracle. Nous avons la chance car il s'y tient un séminaire annuel des géologues américains, chiliens, anglais, sud-africains et néo-zélandais. Nous voilà sauvés. Nous y trouverons confort et réconfort. J'y serai hébergé dans la chambre de quatre géologues chiliens, tous opposés au régime d'Augusto Pinochet. Nous sommes en pleine période du fameux référendum qu'il mettra un pied dehors, mais il gardera un pied dedans. L'heure actuelle, l'allure au Chili, c'est toujours la dernière constitution de Pinochet. J'apprendrai alors que tous mes amis de Noité sont des opposants à Pinochet, mais tout ça est dit très discrètement, très délicatement, parce que c'est encore très dangereux à ce moment. on passera une bonne partie de la nuit en conversation sur le sujet. Pour la petite histoire, il faut savoir qu'au début des années 90, cet établissement a été incendié, il n'y actuellement plus que ruines. Il n'a pas été reconstruit depuis l'or. Mais voilà, nous étions là, sans plus rien à manger, sans plus rien à boire, face à une grosse difficulté qui s'est résolue tout à fait miraculeusement parce que cette semaine-là, il y avait ce fameux symposium. Et donc, magnifique, ça finit bien. Il y a eu d'autres moments comme ça où vous n'aviez plus rien à boire, plus rien à manger, vous manquiez de quelque chose pendant les Non, je crois que c'est la seule fois où ça s'est réellement produit. Habituellement, on est bien organisé. Mais ici, c'est un voyage que je n'avais pas organisé, moi. Je m'étais joué à un groupe, je les avais aidés à préparer, mais je n'étais pas moi le patron du groupe. Tu parles aussi des opposants, etc. Je suppose que pendant tous ces voyages, quand vous arrivez à communiquer en espagnol, par exemple, vous entendez beaucoup d'histoires politiques, beaucoup de gens qui se plaignent. J'ai surtout vécu en direct en fin 2019 l'explosion sociale au Chili. J'y ai vu la police agir de manière honteuse, inhumaine, vraiment comme les militaires de l'époque Pinochet. affreux. J'aurais voulu intervenir, mais mon ami Bernard ne le souhaitait pas parce qu'il avait peur qu'on nous confisque toutes nos images. J'ai des choses qui étaient tout à fait contraires aux droits de l'homme, tout à fait inacceptable. Avec ma qualité d'avocat, j'étais bien placé pour l'apprécier. Mais je regrette encore aujourd'hui de n'avoir pas pu intervenir. À un moment donné, dans un petit village, il avait trois jeunes avec une pancarte qui manifestait silencieusement des militaires en civil. sont venus les attraper, les ont emmenés. C'est tout à fait... inacceptable, la liberté d'expression. Même l'article premier du protocole de la Constitution américaine est mis en cause à l'heure actuelle. C'est le principe de la liberté d'expression. Et ça, c'est en 2019, donc c'est très récent. Mais aux États-Unis, c'est actuel. Oui, Et pas seulement aux États-Unis, Il y a une régression au niveau des droits humains à l'heure actuelle qui est manifeste. D'accord. La prochaine, alors. Une leçon de vie inoubliable. Encore, je suppose que tu as plein d'exemples, si tu peux en choisir un. Mais de manière générale, la leçon de vie que je retiens de mes voyages, c'est que ce sont les gens qui n'ont rien qui t'offre tout ce qu'ils ont. C'est incroyable. Un exemple. qui me vient à l'esprit, c'est en 1988 en Corée, parce que c'est le premier vraiment grand voyage que j'ai fait et j'en regarde beaucoup de souvenirs. Nous sommes justement, après cette passage à l'hospédé Riamure, on continue la piste qui est toujours ensablée et qui est toujours difficilement praticable. Et on arrive sur le temps de midi, à hauteur d'une espèce de cabane qui ressemble à rien. Il a un vieux monsieur qui semble-t-il un vieux mineur qui grattouillait les pierres dans son coin. qui était dans cette maison, cette petite maisonette où il mettait tout à hauteur parce qu'il y avait des rats pour protéger sa nourriture et il vient nous trouver, il a un seul pain et il nous l'offre pour nous permettre de manger et de partager avec lui. C'est inouï, il est là au milieu de nulle part avec un seul pain et il est prêt à nous le partager et c'est comme je le disais tout à l'heure. Ils n'ont rien et ils te donnent Pour moi c'est la plus belle leçon de vie de mes voyages, celle-là. Est-ce que ça change ta vie aussi quand tu vois tout ça ? Ta vie en Belgique ? Il est clair que les voyages forment la jeunesse, dit-on. Moi je n'y pas seulement la jeunesse. Parce que quand tu voyages, tu reviens dans un voyage, tu n'es plus le même homme. Tu vis plein de choses, moi je vis avec les gens quand je voyage. Je ne pas à l'hôtel, je vis avec les gens du pays que je traverse et on apprend les uns aux contacts de l'autre et manifestement quand on revient on n'est plus la même personne. Ça c'est vrai. Et vous n'allez jamais à l'hôtel ou tu vas jamais à l'hôtel, c'est toujours avec une tente ou vous dormez chez les gens ? En général on a une tente pour les cas où... On ne trouve rien d'autre, mais ce qu'on essaie en priorité, c'est de dormir chez l'habitant. Et là, c'est des moments fabuleux. Il arrive qu'on va dans des homestays ou des choses comme ça pour faire une lessive et se reposer malgré tout dans des conditions un peu meilleures. Mais la majorité du temps, on essaie de vivre avec les gens du pays qu'on traverse. Ce sont des rencontres inoubliables. On revient à qu'on a dit tout à l'heure. Dans le film ou dans un des films, on voit aussi que tu... Tu regardes, je sais plus exactement, mais tu cherches de l'eau pour se laver un peu et c'est gelé, c'est super froid. Ça arrive parfois de devoir se laver. Oui, mais ça c'était dans le désert d'Atacama avec Christian Merveille, images-là. Ah avec mon fils en 1997. Il y en a une aussi d'images du même genre en 2001 avec Christian Merveille. Comme je le disais tout à l'heure, la nuit moins 15, la journée 50. La nuit, il gèle fort, on se lève le matin, tout ce qui est eau autour de nous est gelé, il faut rompre la glace pour se laver, pour se rafraîchir. Et il faut aussi parfois attendre que nos boissons qui nous accompagnent soient dégelés pour pouvoir boire. Je me souviens justement en 2001 avec Christian Merveille et Bernard Gilet. Nous étions donc au sud bolivien à l'endroit dit sol des maniannes. C'est un endroit où il a de nombreux geysers. Nous avions planté notre tente idiotement assez proche d'un geyser. Ce qu'on oublie, c'est que le geyser continue à cracher pendant la nuit, mais ça retombe tout finement. Mais quand tu es dans ta tente et que tu te réveilles le matin, tu te réveilles dans un bloc de glace. Parce que l'eau qui s'est infiltrée autour de toi, c'est gelé. Et je me souviens que mon bidon avec mon maté de coca à l'intérieur était complètement gelé. Et je n'ai eu d'autre chose à faire que d'attendre que le geyser lui-même commence à cracher de la chaleur pour faire fondre la glace. Le maté de Coca qui était dans mon bidon pour pouvoir enfin boire le petit matin avant de démarrer. Et le maté, justement, ça aide beaucoup ? Le maté de Coca, c'est le thé de là-bas que tout le monde... Les boliviens et d'autres d'Amérique latine, ils ont une grosse boule dans la joue, les lèvres toutes vertes, c'est le... c'est les feuilles de coca qu'il mange. Il a la réputation d'être un coupe-fein. Donc les mineurs qui travaillent dans les mines sont tous avec leurs rations de feuilles de coca dans la poche. Et je me souviens de lors de mon voyage en 1997, lorsqu'on était à Potossey, à l'association des enfants, la Voces Libres, ce que ça s'appelait, des petits garçons qui témoignent qu'ils travaillaient dans la mine, ils avaient 11 ans. 12 ans et alors on lui demandait comment il vivait là-bas et il nous disait que la journée il mangeait ses feuilles, il mâchait les feuilles de coca pour couper la faim et pour l'aider à lutter contre la fatigue. Nous alors quand on est dans ces pays là il faut de toute façon faire bouillir l'eau pour pouvoir la boire alors tant qu'à faire, une fois qu'on a fait bouillir l'eau on met des feuilles de coca dedans et on a du matière de coca pour carburer pendant la journée. Et c'est aussi, paraît-il, un excellent remède contre le mal de l'altitude. Je n'ai jamais eu de mal de l'altitude, mais bon, voilà. – Et après, pour manger, vous faites ça quand ? Pendant la journée, je veux dire. – À la bonne franquette, hein. On mange ce qu'on trouve. On a toujours avec nous quelques rations de survie pour les cas où il faudrait, mais on trouve généralement à manger, sauf dans le cas précédent que j'ai expliqué, mais en général, ça se passe bien. vous logez chez les gens, comme tu as dit, il y a des moments où on vous sert quelque chose et tu te dis oui. Oui, il y a des moments où c'est un mangeable. Je me souviens lorsque c'était en 2015 au Ladakh qu'on m'a servi du thé au beurre ranz de yak. J'ai essayé de le boire. Mais pour dire la vérité, j'ai remis immédiatement tellement ça m'a pris un mangeable imbuvable pour moi. Mais par politesse vous goûtez toujours. J'y essayé, oui. politesse, oui. Et pendant ces visites, voyez des logements disons très différents. De toutes les sortes. Ça va de la yurt aux tas de pailles au bord de la maison. Il y a un logement comme ça que tu vas jamais oublier ? Oui, c'était en 1997 avec mon fils Jean-Marc. On a logé dans un abri de la main. et on a dormi sur la paille où dormaient les lamas eux-mêmes. Et pendant la nuit d'ailleurs, j'avais des boules cuillées dans les oreilles et j'en avais perdu une, mais ils faisaient noir, j'essayais de la retrouver, je sens une boule, je la mets dans mon oreille, quand je me réveille le matin, c'était une crotte de lapin. Ça a marché quand même ? Oui, j'ai quand même dormi. Bien. D'accord, donc on passe au prochain. La prochaine anecdote inoubliable, peut-être un trajet ou un moyen de transport inoubliable. Oui. Je vais choisir le voyage au Boutan en 1992. Le dernier jour de ce voyage, je vais en réalité troquer mon vélo contre une mule. Un peu à l'image des pèlerins désireux de rendre hommage pour tous les bienfaits reçus ou vécus. Je prends à Donmul le chemin d'un des lieux les plus vénérés au monde Himalayen, du monde Himalayen. Le temple de Tak Sang accrochait la falaise à 2950 mètres d'altitude. Au bout de la route, à Donmul apparaît le complexe des temples dont la position est impressionnante et constitue une prouesse architecturale indéniable. Tak Sang signifie la tanière du tigre. Inutile de préciser qu'il est impossible d'y arriver à vélo. Alors je dis merci à la mule qui m'a porté vers ce lieu mythique. C'était la première fois de ma vie que je voyageais à d'autres mules. Ce fut non seulement une première mais aussi une ultime car il n'y en aura pas d'autre. D'accord. Et le bouton quand tu visites ce pays, c'est comment le bouton à ce moment là Le Boutan, ce moment-là, est un pays super protégé au niveau nature. Si tu coupes une fleur au Boutan qui est protégée, tu te retrouves en prison. Le pays est très, très, très bien protégé. À l'époque où j'y suis allé, j'ai eu l'impression de pédaler au Moyen-Âge. Il faut savoir qu'il y avait un journal au Boutan qui paraissait une fois par semaine et il était distribué que dans 50 kilomètres. par rapport à la capitale Thimphou dans un rayon de 50 km. Les gens qui vivaient dans une vallée ne savaient pas ce qui se passait dans l'autre vallée. n'y avait qu'une route qui traversait le Boutan en 1992, elle avait été créée en 1962. Et là les mules ont du travail évidemment. Ils n'avaient jamais vu de vélo. On était les premiers à traverser le Boutan en vélo. Il a des gens, j'en ai vu, qui se jetaient dans le fossier quand ils nous ont vu arriver parce qu'on était casqués. En plus, j'avais imposé le port du casque à tout le monde et j'ai bien fait parce que ça en a sauvé un de notre groupe. puis, après un moment de peur comme ça, ils s'approchaient de nous, ils venaient nous toucher, ils se rendaient compte qu'on était des êtres vivants et pas des êtres extraordinaires. Parce que dans leur religion bouddhiste, il faut savoir que... Il y a énormément d'avatars, des divinités, mais qui apparaissent sur leur forme la plus impressionnante. Et ils en voient parfois dans leur imagination au loin, ils voient une ombre. Ça nous est arrivé avec les boutanais qui nous accompagnaient. Un jour c'était la catastrophe au milieu de tous les boutanais. se cachaient en dessous des voitures, ils avaient vu, je dirais un yéti, bon, ils nous appellent ça autrement. À l'horizon c'était simplement un jeu d'ombre dans les arbres, mais ils étaient apeurés. Terrible. Mais il en a qui ont vécu ça en nous voyant. Oui, oui, oui, oui, oui, c'était assez impressionnant. Mais après un moment de stupeur, c'était alors... ça devenait un moment joyeux. Ils sont très, très, très, très joyeux, les boutonnets. Oui, oui, oui. Et la communication, comment ça se passe ? Il faut savoir qu'ils sont scolarisés en anglais de l'école primaire. Donc la plupart... on parlait en anglais mais on avait aussi un guide avec nous interprète imposé par le gouvernement boutanais donc c'est lui qui servait d'intermédiaire lorsque c'était nécessaire mais vous savez il n'y a pas besoin de parler un sourire ouvre toutes les portes aussi bien la porte du coeur. Et est-ce que tu aimerais retourner un jour au bouton mais aussi refaire un voyage ça te dirait de revoir certains endroits Mais je l'ai fait déjà ça. Le voyage que j'ai fait en 1997 avec mon fils Jean-Marc, je l'ai refait en 2001 avec Christian Merveille, en l'allongeant un peu de manière différente. Et je l'ai surtout refait alors en 2017 avec mon ami Jean-Pierre, qui n'avait jamais mis les roues ni les pieds en Amérique latine. Et alors on a fait avec lui, on est parti du sud bolivien pour descendre au nord Chili à Rica pour retravaucher le désert d'Atacama. le salar d'Uyuni pour aller jusqu'à Potosi, retraverser tout l'alti-plano bolivien pour ensuite retourner dans la région de Puno le long du lac Titicaca. Et ce voyage-là, c'était la troisième fois que j'avais mis les pieds dans toute cette région que je connais très bien. On l'a fait sans carte. J'ai une mémoire visuelle. Je reconnaissais les endroits où j'étais déjà passé, où j'avais dormi, où j'avais mangé, etc. Et Jean-Pierre a ainsi pu découvrir en une seule fois ce que j'ai fait en trois voyages différents. D'accord, peut-être une prochaine anecdote avec tous ces voyages je suppose que la météo peut aussi être imprévisible est-ce que tu une anecdote de météo inoubliable ? Ah oui là j'en ai une toute belle c'est en janvier 1996 je suis à vélo à Madagascar le dernier jour de mon aventure vélo je décide de faire une dernière sortie malgré la pluie incessante. Soit une sortie de près de 100 km de Morondava à Manaboh et retour. Sur le chemin du retour, la pluie redouble, mais heureusement le vent fort est de dos. Je suis frappé par la présence de très nombreuses petites grenouilles tout au long de mon chemin de retour. Est-ce un signavent-coureur ? En fait, une forte tempête tropicale qui s'appelle Fabriola s'annonce. Elle est déjà présente sur mon rondeau va avec des vents de plus de 138 km alors qu'il me reste encore une douzaine de kilomètres à parcourir jusqu'à la Ainsi, lorsque j'arrive à 2 km du but, je roule sur une espèce de digue à l'entrée de la ville et je dois tenir très fermement mon vélo, au risque de me faire jeter au sol. Commence alors une traversée de la ville tout à fait épique, pour rejoindre mon logement. En un rien de temps, les rues sont inondées, j'ai de l'eau quasiment jusqu'aux genoux, des branches d'arbres et des fils électriques sont arrachées, et ailleurs ce sont d'impressionnantes étincelles dans les fils électriques qui illuminent le paysage devenu apocalyptique. J'ai les bras complètement tendus et mon vélo est lui complètement sur ma gauche, tandis que je dois déplacer mon centre de gravité totalement sur ma droite pour tenter de garder l'équilibre. Tu vois le tableau. À cause des bourrasques violentes et incessantes. J'ai l'impression de faire du rodéo aquatique. Finalement, j'arriverai sain et sauf à destination sous les regards illares des gens sur leur seuil, voyant passer un scaphandrier cycliste. Je ne pourrai pas fermer l'œil de toute la nuit, par crainte de voir le toit de mon bungalow être arraché par les vents violents. Mais il est solide et la toiture est tenue aux quatre coins par des filins métalliques. Ils connaissent, ils sont habitués, donc ils prévoient. Autour de moi, j'entends les vents arracher les cocotiers et de nombreux arbres sont cassés ou même déracinés. Donc pas question de sortir, d'autant qu'un mur d'écume provenant de la mer situé à secs, 100 mètres du bungalow, est venu se plaquer tout contre la porte d'entrée sur une hauteur qui le toit. Après une nuit stressante, au matin vers 8 heures, comme par enchantement, la pluie cesse, le soleil sort de sa tanière et l'eau disparaît. Elle disparaît des rues. Je viens de vivre ma première tempête tropicale vraiment impressionnante. D'accord. Et tu as peur quand ça se passe ? J'ai pas eu peur, je n'étais pas trop fier quand même. Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit pour dire ce qui se passe. Pas moyen d'ouvrir la porte, en plus pas moyen de sortir. Ça allait d'ailleurs mieux pas. Le bungalow était bien solide. Heureusement. Et tu parles de ton vélo. Parfois est-ce qu'il arrive de le laisser dehors ? Est-ce qu'il faut faire attention aussi au vol ? qu'une fois que le vélo n'est plus là... Oui, oui, c'est fini. Alors, je n'ai jamais eu de soucis. C'est vrai que en 1997 avec Jean-Marc, j'avais un système d'alarme pour attacher nos deux vélos ensemble. Si on voulait nous voler nos vélos, il y avait une petite sirène qui se déclenchait et on dormait sous temps juste à côté. Mais je n'ai jamais eu ce souci-là. Je touche du bois. Mais je suis attentif aussi, je ne laisse pas n'importe où, n'importe comment. Il ne faut pas être idiot quand même, ni innocent. Pendant tous ces voyages, quand tu es à vélo, ça vous arrive ou ça t'arrive de visiter un peu la ville, de laisser le vélo chez des habitants, de visiter à pied ou c'est vraiment tout le temps un vélo ? En général, on ne se sépare jamais de notre vélo. mais si on doit aller visiter quelque part quelque chose, on s'organise pour le sécuriser tout à fait et pas le laisser bêtement n'importe où. Surtout qu'on n'a pas que notre vélo. On a tous nos sacs sur le vélo avec tous nos effets personnels, matériel informatique, mon matériel photo, notre matériel vidéo. Faut pas faire des sots. Non, c'est sûr. Et on a parlé de la météo qui était assez dangereuse finalement. La dernière anecdote, une situation dangereuse inoubliable. Ah oui. Eh bien celle-là, quand j'y repense, j'ai les poils qui se dressent sur mon corps. Nous sommes en 2015. Je repars pour la première fois à l'aventure à vélo depuis dix ans où je n'ai pas voyagé à suite de mon grave accident. Je suis avec mon ami Jean-Pierre, au Ladaq et aux Anscares, et dans la descente vers Manali. en venant de Lé, la capitale du Ladakh. La route de Manali est présentée comme la deuxième route la plus haute du monde. C'est une route mythique de plus de 490 km, qui franchit six cols dont deux de plus de 5 000, les autres variant entre 4000 et 4008. En fait de route, il faudrait plutôt parler de pistes et de multiples endroits. C'est une des routes les plus dangereuses du monde comme en témoignent les nombreuses carcasses de bus et de camions. au fond des précipices. Dans la descente du dernier col vers Manali, à cause d'un moment de distraction, je vais véritablement frôler la mort. La route est bordée d'un côté par les contreforts de la montagne et de l'autre, le côté où je roule, par un impressionnant précipice qu'on longe dans toute la descente, et alors que n'existe aucun système de protection. Si l'on sort de la route à cet endroit, c'est la mort certaine au fond d'un précipice profond de près de 200 à 300 m. A un moment donné, alors que je descends en longeant le côté précipice, mon attention est attirée à un bref instant par un couple de cyclistes italiens qui me saluent. Lorsque mon regard revient en direction de la route que je suis en train de suivre, je me trouve subitement à quelques petits mètres d'un gouffre donnant directement sur le précipice. car à cet endroit une partie de la route s'est effondrée. Il me faudra alors un réflexe de survie inouïe et inespéré pour ne pas plonger dans le gouffre et ainsi échapper d'un extrémisme à une mort certaine. Quand j'y repense, je l'ai dit tout à l'heure, j'en ai encore des frissons, tant il est vrai que j'ai échappé de toute justesse ce jour-là à une fin certaine. – en parles aussi dans ton anecdote, l'accident en 2005, c'est ça Quand tu as eu ton accident, tu peux expliquer un peu ce qui s'est passé avec le bus ? Oui, c'était à trois kilomètres de chez moi, entre Trois-Ponts et Stave-Lot sur la route. Je suis le 12 novembre en plein milieu de l'après-midi, partant clair, habillé de manière très visible, tout en rouge, à la sortie d'un virage. Tout ça, c'est des fractions de seconde, ce que je raconte. Et à un moment donné... j'entends un coup de frein dans mon dos, j'ai un coup d'œil sur le côté, je vois une masse jaune, instinctivement je comprends ce qui m'arrive, je lâche les mains de mon guidon de vélo, je déclipse mes pieds par réflexe et à ce moment là le bus qui vient derrière moi me tape dans le dos puisque je suis désolidarisé de mon vélo et c'est ce qui m'a sauvé, il m'éjecte, je pars comme... en plongeant avant comme un joueur de football qui vient de marquer un goal et qui se jette sur la pelouse vers une voiture qui vient en face de moi, ma secrétaire et son mari. Et je me retrouve alors, un bref instant après, avec ma tête à 50 cm de la roue arrière du bus. Je suis sur la chaussée. Des voitures viennent derrière le bus. Les chauffeurs croient que le bus s'arrête à l'arrêt. avait justement un arrêt de bus à proximité. Ils dépassent le bus et me frôlent de l'autre côté. C'était pas mon jour. J'ai échappé là aussi à une mort certaine, mais je l'ai payé très cher. Il m'a fallu des années pour me remettre de cet accident. Et depuis l'heure, j'ai arrêté mon métier. Oui, en effet. Et donc ça a pris dix ans avant de vraiment refaire... Avant de repartir à vélo, oui. Mais j'ai retravaillé. J'étais perdu pour le vélo d'après les experts médecins. Mais à force de volonté, je suis parvenu à remonter sur mon vélo et à redémarrer. Et mon premier voyage, c'est dix ans après l'accident, avec Jean-Pierre, au Ladac et aux Anscares. Et c'est un voyage qui s'est merveilleusement bien passé. Je ne savais pas du tout ce qui m'attendait. C'était un voyage très dur, en altitude, en permanence. Mais ce fut un moment génial. Comme quoi un moment qui est dramatique peut tourner et puis après, ça peut changer une vie. Mais pour dire la vérité... Au début, je n'acceptais pas ce qui m'arrivait, j'étais dans la révolte. Or, tant que tu es dans la révolte, tu ne peux pas en sortir. Tu ne peux en sortir qu'un jour, tu es dans l'acceptation. Et après avoir accepté ce qui m'est arrivé, j'ai vraiment pu redémarrer. Mais je dois aussi dire, à l'heure actuelle, j'en suis arrivé à dire merci au bus, parce que en réalité, je travaillais comme un fou, je travaillais des 14-15 heures par jour, mes enfants ne me voyaient pas beaucoup, ils se plaignaient du père absent. Je ne trouvais pas l'équilibre entre travail et vie de famille. C'était très difficile. J'ai beaucoup cherché, je jamais trouvé. Maintenant, dis merci à cet autobus qui m'a mis à terre, qui m'a arrêté, qui m'a cessé de tourner à vide et de me consacrer davantage aux miens, à mes enfants et mes petits-enfants. C'est une chance pour tous. Ça c'est vrai, ça c'est vrai. En effet. Et donc le travail... comme avocat ça te manque quand même un peu ou vraiment pas du tout ? Pas du tout. Pas du tout. Au contraire, il m'arrive de râler sur certains avocats quand je vois comment ils travaillent à l'heure actuelle parce que j'ai des amis parfois qui m'interroge sur les problèmes qu'ils ont et quand je vois la qualité de certains travaux que j'ai pu voir récemment, c'est... Bref, je préfère me taire. Oui, je comprends. D'accord. Et donc ça fera donc bientôt 20 ans sans... d'avoir fini d'arrêter de travailler. l'accident date du 12 novembre 2005, il y aura 20 ans le 12 novembre de cette année. J'ai encore travaillé quelques mois après l'accident, après, je me suis effondré en petits morceaux. J'ai été compensé gravement et il fallu beaucoup de temps pour remonter la pente. Grâce à la famille, les proches, amis. Grâce à l'amour. l'amour de la famille et l'amour du vélo. Voilà, Très bien. Merci beaucoup pour toutes ces belles anecdotes. Pour revenir un peu à tout ça, tu as fait beaucoup de voyages à vélo. Est-ce que c'est arrivé de refaire un pays, mais je veux dire sans ton vélo ? Est-ce que voyager sans vélo ou avec vélo, c'est très différent ? On voit des endroits très différents, je pense. C'est très différent. à vélo sans vélo, c'est très différent. Je viens de revenir au Rwanda. J'avais traversé le Rwanda à vélo en 1986. Ici, j'y suis revenu à l'invitation d'un couple ami et c'était l'occasion pour mon épouse de découvrir le Rwanda. Donc là, pas de vélo, priorité aux amis et à l'épouse. Ce n'est pas le même voyage. Alors on passe à la prochaine partie, ce sont juste quelques conseils de voyage en bref. Donc si je veux partir faire le même voyage que vous, la Pamir Highway par exemple dans six mois, qu'est que je dois faire ? Qu'est ce que je dois préparer ? Comment m'y prendre ? La première chose à faire, c'est de prendre contact avec moi déjà puisque tu sais que je l'ai fait. là je peux déjà te faire part de mon expérience, te donner des informations, des adresses, etc. Mais de manière générale, préparer un voyage, la première chose à faire, c'est de lire beaucoup. On a la chance à l'heure actuelle d'avoir des tas de possibilités de s'informer. Il a les livres, y a les documents des voyageurs, il y a des podcasts, il y a des YouTube, il y a plein plein plein de manières de s'informer. Et je crois qu'il est important de bien préparer son voyage, bien connaître ce qu'on veut y faire, quel itinéraire on veut programmer, quels sont les centres d'intérêt. qui nous attirent et en fonction de tout ça préparer une ligne de conduite. Je pars de là, je m'arrête là, je vais jusque là. C'est essentiel. Alors il y a surtout deux choses importantes pour moi. La première, c'est de bien apprendre à connaître les coutumes du pays que tu vas traverser pour ne pas commettre d'impère. Et ça pour moi, c'est primordial, c'est important. Par exemple, il faut savoir qu'au Rwanda, par exemple, on ne s'embrasse pas. Nous, ici, on rencontre un copain, on se fait la bise. Au Rwanda, on ne se fait pas la bise. Dans l'Himalaya, par exemple, on ne touche pas la tête des enfants, c'est proscrit. Et alors, un autre deuxième conseil, c'est le langage. L'écriture, par exemple, pour aller en Asie centrale, j'ai dû apprendre à lire l'écriture cyrillique pour savoir au moins lire les panneaux, ce que c'était là comme commerce, etc. Au moins pouvoir... savoir où tu mets les pieds, donc avoir des bases du langage, la langue du pays que tu visites. Mais il est vrai qu'avec l'anglais et l'espagnol, tu fais le tour du monde pratiquement. Mais il faut te dire qu'en plein Pampa, il a personne qui parle l'anglais. Par exemple, en Amérique latine, as des endroits où les gens ne parlent même pas l'espagnol, ils ne parlent que la langue de leur tribu. Le Quechua ou l'Aymara. C'est pas la majorité, mais ça arrive. Ça m'est arrivé de demander mon chemin quelque part en pleine Pampa en Bolivie et on m'a répondu en Quechua. J'ai compris grâce aux gestes, mais de la langue, n'ai rien compris. Enfin voilà, ce sont pour moi les choses les plus importantes. Tu parles d'itinéraires, etc. Au début, comme on voit dans les films, vous avez votre carte et vous essayez de retrouver votre route. Ce n'est pas toujours facile, je suppose, trouver quel chemin suit. On n'est jamais une grosse difficulté pour dire la vérité parce que c'est en général assez simple quand même. Et maintenant récemment, est-ce que vous utilisez un GPS ou ? Moi jamais. Non, je préfère parler avec les gens. Il y a parfois des surprises. Oui, c'est quand même mieux. Oui. J'ai un GPS avec moi mais je l'utilise pas. Tu as plein de matériel, tu l'as dit tout à l'heure. Comment vous faites ? Il faut recharger des choses ? J'ai un panneau solaire pour recharger. Et ça suffit en général ? D'accord. Alors, j'amène quoi ? Je prends quoi ? Là, au niveau de l'équipement, ça dépend comment tu vas voyager. Tu peux voyager léger, tu peux voyager très lourd. Ça dépend. Comment tu vas voyager ? Est-ce que tu vas d'hôtel en hôtel, de maison à homestay à homestay ? Si tu pars l'aventure totale en autonomie totale, tu vas être beaucoup plus chargé que si tu pars léger. Ça dépend de la manière dont tu vas voyager. Il a des listes à faire de ce que tu dois emporter. On est toujours trop lourd de toute façon. Mais par exemple, ici au dernier voyage, il m'était recommandé dans les lectures que j'avais faites de prendre des vêtements divers pratiquement pour congestionnée altitude parce que je pouvais me retrouver dans des bourrasques de neige et il des moments où on avait 40 degrés. J'avais les deux donc j'étais assez bien encombré mais j'ai pratiquement jamais eu besoin que ce sauf deux jours des vêtements très chauds. étaient bien bienvenus mais j'en avais trop de toute manière mais tu ne pas prévoir ça. La semaine suivante, j'ai lu sur un site que je suivais que des gens étaient bloqués par la neige. Nous, est passé à travers. Mais on était trop lourds. Trop lourds quand même. D'accord. Et puis le vélo, bon, ça reste un peu un choix personnel, mais généralement un VTT. Oui, un vélo le plus simple possible. Tu pars pas l'aventure avec un vélo de carbone. Il casse, tu ne pas le réparer. Un vélo en acier, il casse, tu sais le ressouder. Oui. C'est élémentaire. Oui, ça c'est sûr. Et puis je suppose que vous avez eu parfois des problèmes avec vos vélos ? J'ai eu une seule fois un problème en 2015, la première année que je voyage avec ce vélo, avec lequel je voyage encore à l'heure actuelle. J'ai le porte-bagages avant gauche qui s'est cassé. On était dans un petit village, il y avait un monsieur qui avait un fer à souder. On a mis à travers une barre. de béton, on l'a resoudé et il voyage toujours avec moi tel quel. Sinon, j'ai jamais eu d'autres problèmes. Il faut dire que depuis 2015 avec ce vélo, j'ai beaucoup voyagé, je n'ai jamais eu une seule crevaison. Et pourtant, on est passé dans des endroits où il avait moyen de déchirer ses pneus même. Donc des bons pneus. Oui, je ne dirais pas la marque. En Bolivie, c'était différent, non ? Vous saviez beaucoup Oui, non, là c'était une autre époque. C'était en 1997, on avait de l'autre matériel et là on a eu quelques crevaisons. Et tout le monde sait comment remplacer... Mais le gros problème vélo, c'est surtout Jean-Pierre. Moi je suis plutôt responsable de l'aspect communication, images, etc. Jean-Pierre s'occupe des vélos, moi je m'occupe de tout le reste. D'accord, ok. Jean-Pierre s'occupe aussi des repas. Et dans la préparation, c'est un peu à vous deux ? On se répartit le travail, puis on compare nos informations et on fait un rassemblement de tout et puis on décide ce qu'on fait, ce qu'on ne fait pas, ce qu'on prend, ce qu'on ne pas. Toi tu prends ça, moi je ne les prends pas. Moi j'ai ça, as, tu n'en as pas besoin, etc. D'accord. Donc, très bien. Merci pour ces petits conseils. Est-ce qu'il a encore d'autres, peut-être des erreurs à ne pas faire que vous avez fait, vous rencontrez ? Je l'ai dit il a pas longtemps, c'est le poids. On prend parfois trop de choses avec soi alors que ce pas nécessaire. D'autres fois, on ne a pas apprises alors qu'on en aurait eu besoin. il faut trouver le bon équilibre. C'est pas toujours facile. Très bien. On revient alors pour terminer au jeu. Tu avais donné trois anecdotes. Alors, j'ai pas vraiment d'idées, mais je vais essayer d'aller par élimination peut-être. J'ai l'impression que la troisième, au moins, il a une part de vérité. Mais je vais dire que la troisième est vraie, déjà. J'agréerais. très bien. Donc il faut choisir entre les lions et les poumins, en fait. Pas facile. Je vais dire que... La deuxième est inventée, je vais dire ça. Tu es certain de cela ? Je ne vais pas changer d'avis maintenant. Non, mais c'est vrai. Tu es à côté de la plaque. La deuxième avec les lions est vraie. C'est celle avec les puma qui n'est pas vraie. Mais je l'ai fait exprès de prendre ces deux-là pour justement essayer de t'induire en erreur. que c'est difficile. La troisième, je savais que tu sourais puisque tu as vu certaines émissions, certains films, etc. ou certaines publications. Mais en choisir entre les puma et les lions, c'est presque impossible. Exactement. Tu avais donné de beaux détails, je me suis dit peut-être que c'était quand même vrai, la première histoire. Mais vous y êtes allés là-bas. Oui, oui. Et on a effectivement dormi où, semble-t-il, les puma viennent boire la nuit. On n'en a jamais vu, on n'en a jamais entendu rien. Est-ce qu'il y a eu d'autres à part les lions alors ? que tu n'as pas vraiment vu ou rencontré, mais est-ce que tu as eu des animaux comme ça ? Oui, à Madagascar, j'ai passé une nuit entière en dessous de certains arbres où la nuit, y avait à l'étage des indris. L'indri, c'est le plus grand des marsupiaux. À Madagascar, tu vois ce que c'est ? Il ressemble très fort à celui qui vient de Chine, le panda. Et toute la nuit, ils ont charuté là-haut. Je crois qu'ils se sont bien amusés, c'était la période des amours. D'accord. Mais je ne ai pas vues. Je ne les ai pas vues, c'était dans la nuit. Mais entendu. Ok, très bien. Tu m'avais aussi montré des photos avec des gorilles. Oui, ça c'est au Rwanda. Là, je suis allé les voir en 89. C'était une expérience fabuleuse, fabuleuse. Et ici au Rwanda cette année, suis surtout avec mon épouse. On est allé justement visiter le musée consacré à Diane Fosset où il y avait des petits films sur les... sur les gorilles et on s'est assis sur un siège où on était avec un masque de réalité augmentée. On était au milieu de la famille des gorilles, c'était intéressant. Elle les a vus comme ça, moi je les ai vus en vrai. C'est encore mieux quand même. Très bien, beaucoup pour ton temps. Est-ce que tu veux encore ajouter quelque chose à la fin ? Oui, je voudrais dire qu'il faut rêver, continuer à rêver. et n'avoir pas peur de réaliser ses rêves.